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Les ateliers Théâtre MABÔKÉ “Le théâtre dit Africain”
lundi 10 mars 2025, par
Après 11 ans d’expérimentations auprès des publics universitaires, ce projet est depuis Octobre 2024 ouvert au grand public.
MABOKÉ (papillote en Lingala) est un projet qui se veut avant tout expérimental. Il est porté par la Compagnie MALOBA, pensé et dirigé par SÁ-OLÍ BENA TOKO son directeur artistique. “MABOKÉ, le Théâtre dit Africain” se veut de trouver un style de théâtre en phase d’harmonisation avec une théâtralité qui identifie un peuple.
D’où vient cette idée ? De quoi est-elle partie ? Pourquoi cette idée ?
Observation :
Cette idée est partie des moments d’échanges, conférences, temps conviviaux, réunions, pendant lesquels(les) une personne ou une autre s’interroge sur le théâtre dit « Africain ».
– Après deux tables rondes autour du théâtre dit Africain avec MC2a (Migration Culturelle Afrique Aquitaine) et l’Institut des Afriques.
– Après le visionnage d’une thèse universitaire sur le théâtre Congolais et ses hommes de théâtre.
– Après une phase d’ateliers théâtre diligentés par MC2a avec une association des étudiants de l’IUT Bordeaux III, Cargo 209.
– Sanctionnée par une série de représentations publiques (thématique autour des préjugés) 10 Tonnes des préjugés.
– Après des échanges divers et variés autour d’un style qui n’existerait pas, sinon dans l’imaginaire de nos stéréotypes.
Personnellement je pense que le théâtre dit “Africain” n’existe pas pour maintes raisons :
– Parce qu’ayant était formé par un style de théâtre, le classique, purement occidental.
– Parce qu’ayant connu des metteurs en scène, des dramaturges, des auteurs de théâtre classiques connus ou pas, qui ne pratiquent que ce même style.
Même quand il est tropicalisé. Ces deux raisons, par contre, n’ont pas bloqué ma remise en question sur ce mode de théâtre, n’ont pas obstrué ma remise en question sur ma pratique artistique théâtrale, autour d’un style qui interroge nombreuses personnes.
À l’instar d’autres disciplines artistiques telles que la danse, la percussion, la chorégraphie, le conte, la littérature et tant d’autres, le théâtre, contrairement aux restes des disciplines artistiques, reste unique et égale à lui-même.
L’idée que le commun des mortels ou certains professionnels peuvent se faire sur une œuvre théâtrale dans laquelle l’homme de théâtre de peau noire est distribué laisse à désirer et reste un élément de questionnement. Comment approcher cette forme de théâtre ? Quelle méthodologie d’approche avoir pour cette forme de théâtre ? Existe-t-il un théâtre dit « Africain » ? Quelle est la démarche poursuivie par les ateliers « MABOKÉ » ?
Théâtre africain :
Voici ce qui ressort en premier lieu quand on fait des recherches : « L’Afrique a été le théâtre de combats au cours de la Première Guerre mondiale. Ces combats concernent des zones géographiques dispersées en Afrique ».
Le théâtre africain est un paradoxe. D’abord, parce que l’Afrique se définit souvent comme un continent d’oralité (Amadou Hampâté Bâ).
En effet, bien qu’il existe d’innombrables traces d’écritures africaines au cours des siècles qui précédaient la colonisation, la transmission des savoirs y est dans bien des pays rituellement basée sur des contes qui souvent ont la forme de contes musicaux, plus ou moins théâtralisés. Il y a donc une théâtralité africaine traditionnelle et ancestrale.
Ce que l’on nomme aujourd’hui « Théâtre dit africain », et qui est un ensemble de formes artistiques bien vivantes, est un héritage de la colonisation de l’Afrique par les nations occidentales.
En ce sens, le théâtre africain contemporain s’inscrit dans l’histoire actuelle du théâtre francophone, anglophone ou lusophone, mais en même temps il y a dans le théâtre africain une pluridisciplinarité (théâtre, conte, musique et danse sont fréquemment mêlés de façon indissociable), et une étonnante vitalité, notamment au niveau de l’écriture.
De plus, peut-être parce que le théâtre est affaire de conflits (en grec, drama = action, conflit), les artistes de théâtre, bien que minoritaires et confrontés à d’immenses difficultés matérielles, sont souvent aux avant-postes des politiques de développement culturel en Afrique.
Ainsi, on leur doit une bonne partie des équipements culturels privés de qualité susceptibles de fleurir sur le continent :
– L’actor studio du metteur en scène ivoirien Sidiki Bakaba
– Le Village Ki Yi d’Abidjan (Côte d’Ivoire)
– Le Festival International de Théâtre au Bénin
– Le Carrefour International de Théâtre de Ouagadougou (Burkina Faso)
– L’Espace Linga Téré de Bangui (République centrafricaine)
– L’Espace Megableu et le Festival des réalités de Bamako (Mali)
– Le Théâtre des Intrigants et l’Écurie Maloba de Kinshasa (RD Congo)
– Les Rencontres de Théâtre International de Cameroun à Yaoundé le FITMO à (Ouagadougou) (Burkina Faso),
– Les récréâtrales à (Ouagadougou) (Burkina Faso)
– Le FESTIV’ART (festival International Théâtre Pour la Paix (au Sénégal) ...
En outre, une large part de l’activité des artistes de théâtre africain est orientée vers le théâtre « utile » (théâtre de sensibilisation, théâtre forum...).
ANTIQUITÉ :
Selon la Poétique d’Aristote, le théâtre vient du dithyrambe (chant en l’honneur de Dionysos). L’histoire du théâtre occidental débute avec les cérémonies religieuses de la Grèce antique. À ces occasions avait lieu le concours de tragédie. Chaque auteur était subventionné par un mécène, présentant une tétralogie qui étaient jouées à la suite dans la même journée. Le spectacle se déroulait dans un théâtre (theatron) de plein air. Le mot amphithéâtre n’était pas utilisé par les Grecs, mais plutôt par les Romains. Les acteurs étaient uniquement des hommes.
MOYEN ÂGE :
Ici la pratique du théâtre semble inconnue : si les œuvres dramatiques de Térence ou de Sénèque ne sont pas totalement oubliées, elles sont envisagées indépendamment de toute pratique scénique, à tel point que dans ses Étymologies, Isidore de Séville (vers 570-636) commet un contresens sur ce que devait être le théâtre antique : il pensait que le texte et le jeu étaient dissociés, qu’un récitant prenait en charge l’ensemble des répliques de la pièce tandis que d’autres intervenants se contentaient de mimer les actions.
ÉPOQUE CONTEMPORAINE :
Les recherches théâtrales échappent largement aux auteurs pour devenir l’affaire des metteurs en scène, qui font un théâtre renouvelé en s’appuyant sur des auteurs.
Les créations collectives par des groupes metteur en scène / troupe se développent, particulièrement après les Happenings ou les prestations du Living Théâtre autour des idées de 1968, comme une nouvelle forme de création dramatique. Ariane Mnouchkine et son Théâtre du Soleil travaille ainsi sans interruption entre 1963 et aujourd’hui.
Plus récemment, Joël Pommerat propose plusieurs spectacles fondés sur cet esprit de création collective. Professionnellement je n’ai connu, en tant que comédien et artiste d’origine Africaine, qu’un style de théâtre. Celui que tout le monde connaît.
Questionner cette idée est devenue une préoccupation majeure à expérimenter, voire majeure pour moi ! Existerait-il un style ou une forme de théâtre que nous ignorons ? Pourrions-nous être les précurseurs d’une qu’on pourra enfin appeler : « le théâtre Africain » ? Expérimentons-le !
CONTENU DES ATELIERS :
Les ateliers MABOKÉ auront comme pour objectif la recherche des voies et moyens afin de trouver un style de théâtre par des disciplines comme :
– Le texte (classique d’auteurs connus et inconnus)
– Le jeu d’acteur (jouer comme des enfants en sueur et oublier son corps)
– Les chants (apprentissage des grands classiques Congolais RD connus)
– Les langues (exploitation et apprentissage de plusieurs langues Bantous) - Les danses (exploitation de plusieurs styles folkloriques congolais)
– Les proverbes et énigmes (une approche de la façon de parler Africain)
– Les Percussions (en appui au rythme dans son ensemble)
– Les musiques (étant le métronome de tout une vie, elle nous accompagnera) - Les slogans (utilisés comme vivifier à la parole)
Compagnie Maloba